Vélo et patrimoine

Cette année, le Grand Prix de Wallonie prend son envol de Blegny. Une première! Nous sommes dans le Pays de Herve, avec toutes ses curiosités, ses délicieuses spécialités… Blegny est née en 1977, par fusion de plusieurs localités. Son nom est celui d’un hameau du village du Trembleur, qui abrite le célèbre site de Blegny-Mine, un charbonnage classé au Patrimoine de l’Unesco depuis 2012.

Passion vélo

La commun de Blegny est amoureuse de la Petite Reine. A plus d’un titre! Elle est un des lieux emblématiques du Triptyque Ardennais, elle « respire vélo » avec son Pôle Vélo ouvert en avril 2018, un concept qui privilégie l’aspect « pluriel » du cyclisme. Blegny a par ailleurs accueilli les championnats d’Europe de BMX en mai 2018 : on y a vu quelque 750 spécialistes de tous les pays s’exprimer dans l’arène du « BMXing Park »!

Le fort de Barchon

Photo Fort de Barchon

Le patrimoine est riche à Blegny. Le Fort de Barchon est un des sites historiques incontournables. Il fut un des grands remparts de défense de l’armée belge en 14-18 et en 40-45. Ce fort est un des douze ouvrages de la ceinture fortifiée de Liège. Un musée permet, aujourd’hui, de remonter le temps.

 

 

 

Blegny-Mine

Photo SPW – Blegny-Mine

A 17 kilomètres à l’est de Liège, les confins de Blegny-Mine nous racontent l’histoire d’Argenteau-Trembleur, deux charbonnages du 18e siècle réunis en site minier prospère jusqu’en 1931 et actif jusqu’en 1980. Sur place, rien n’a changé, pas même les lampes qui éclairaient Sainte-Barbe en permanence, patronne des mineurs. Avec le Bois du Cazier près de Charleroi, Bois-du-Luc près de la Louvière et le Grand-Hornu dans la banlieue montoise, Blegny Mine est l’un des quatre charbonnages de notre pays classés UNESCO depuis 2012. C’est aussi l’une des quatre mines de charbon d’Europe dont les galeries souterraines sont encore accessibles par le puits d’origine. La visite nous plonge à 30 et 60 mètres sous terre, là où les mineurs ont écrit une page de notre histoire. Pour accéder aux entrailles de la terre, pas d’ascenseur confortable doté d’amortisseurs mais une cage exiguë pour descendre en une fraction de seconde!

Gaspard Corbesier avait ouvert, en 1779, la première fosse dont l’exploitation aurait débuté sous l’impulsion des moines de l’Abbaye du Val Dieu. En 1849, le puits « Marie », du nom de la fille de Gaspard, fut creusé. Un an après, on y installait les premières machines à vapeur. Plus tard, parce qu’ils comprendront que les terrains houillers du coin avaient la particularité de se trouver à très faible profondeur, voire en surface, les descendants de Corbesier allaient acquérir une autre concession voisine portant ainsi l’exploitation Argenteau-Trembleur à 879 hectares en 1883.

Le charbonnage offrait de l’emploi et nourrissait de nombreuses familles de la région et d’ailleurs. Bon nombre d’Italiens se sont installés dans la région pour travailler à la mine. Le puits N°1 est creusé en 1920. Le charbonnage sera prospère jusqu’en 1931. Les mineurs extrayaient alors 84.000 tonnes de charbon contre… 10.000 juste avant la première fermeture dans les années 70.

La Seconde Guerre mondiale porta un premier coup fatal au charbonnage: le triage-lavoir et la tour d’extraction du puits N°1 furent détruits. La crise pétrolière allait enfoncer le couteau dans la plaie… L’entreprise eut des difficultés pour se relever. Le charbon n’avait plus la côte. En 1975, le charbonnage perd ses subsides et ferme le 31 mars 1980.

Tourisme mémoriel

Photo Blegny-Mine

Blegny-Mine est aujourd’hui un site touristique de mémoire. Lors de son ouverture, dans les années 80, beaucoup de mineurs ont endossé le rôle de guide. Ils expliquaient, par exemple, qu’aucun ne craignait les rats. Ils aimaient voir les rongeurs rôder près de leur gamelle parce que leur présence les rassurait du coup de grisou possible à tout moment. Le gaz inodore ne prévenait pas…

Après avoir vu un documentaire sur la fabuleuse histoire de la houille, « pierre noire » de la région, de –300 millions d’années à nos jours, le visiteur enfile une veste, ajuste son casque et descend dans la mine par la cage, comme les mineurs, jadis. Il découvre les bouveaux (galeries), les chassages (galeries secondaires), la taille, le charbon, le bruit des machines, le labeur des hommes, … La visite permet de vivre, comprendre, appréhender l’univers à la fois dur et passionnant de ces « Houyeux » qui descendaient sous terre parfois au péril de leur vie, pour nourrir leur famille. Sous terre, la température est de 15°. Une fois remonté, le visiteur suit le parcours du charbon dans les installations de triage et lavage. Aucune n’étape n’est ignorée, depuis l’extraction dans la mine jusqu’à la vent: on y voit  les culbuteurs, tamis, trémies, système d’encagement et de décagement des berlines, on y comprend le processus d’épuration, de lavage et de stockage… Autrefois, il y avait aussi un train, « Li Trimbleu ». Son exploitation cessa en 1991, suite à un accident mortel. On peut profiter désormais d’une balade de 50 minutes en Tortillard.